La différence entre les romantiques et les réalistes
est que les premiers sont conscients de leurs rêves.
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réflexion
*
Ombre de fille sous l'arche rouge
Le soleil a fini son tour
Tombe d'ennui
La nuit découpe de fer
Son casque
Ses cheveux déferlent
Gris
L'odeur des cieux
L'enlace nue
S'enroule aux poignets
Barbelés infinis
La vieille ombre rit
*
Ombre de fille sous l'arche rouge
Le soleil a fini son tour
Tombe d'ennui
La nuit découpe de fer
Son casque
Ses cheveux déferlent
Gris
L'odeur des cieux
L'enlace nue
S'enroule aux poignets
Barbelés infinis
La vieille ombre rit
*
publié dans :
poésie
L'allée de houx se couche au simple passé des comètes
A l'encensoir balancé au son des lunes sombres
J'éclate, pépins des citrons, rosée sapide en étoile
Mes branches s'étendent tout autour
Vénus !
publié dans :
poésie
Eole a beau fixer
de ces cieux bleus
les bars
pleurent
et cotonnent
de ces cieux bleus
les bars
pleurent
et cotonnent
publié dans :
poésie
Pour moi, la poésie s’écrit, elle prend tout son corps au moment où elle prend existence, c’est-à-dire qu’elle sort hors de soi.
Elle va en effet faire voir le monde différemment aux lecteurs et même à son premier lecteur, le poète lui-même.
A mon avis, le poète ne contemple pas « la poésie du monde » pour la retranscrire avec son ressenti. Il regarde tout
simplement le monde, nous en offre sa vision. Il transforme sa perception jusqu’aux mots sur la feuille : c’est une espèce d’alambic, d’athanor ou tout simplement de poche de pâtissier ou
même encore plus simplement une digestion/régurgitation.
De plus, le monde n’est pas que poésie et il faut pourtant bien que la poésie s’écrive. C’est même lorsque le monde manque
cruellement de poésie que s’élèvent les hautes voix : on a retrouvé des poèmes et des dessins dans des chambres à gaz, écrits sur le carrelage au dernier moment. Et que dire d’Oradour
de Jean Tardieu ? Des poésies sur la laideur de Baudelaire ?…
Ainsi la poésie du monde se trouve souvent dans le regard du penseur. Une brume peut être l’élément clé d’un moment de contemplation
pour le promeneur solitaire au bord du lac alors qu’elle est source d’agacement et de retard pour l’automobiliste pressé qui se rend à son travail. Quelle différence y a-t’il donc entre cette
satanée purée de pois et ce duvet frais, coton de l’espace, si ce n’est la magie du langage, la transfiguration poétique ?
Il est par ailleurs nécessaire d’insuffler la poésie dans le monde car je pense qu’une simple lecture peut apporter beaucoup,
changer quelqu’un. Je tire cet enseignement de ma propre expérience : j’ai le souvenir de textes qui m’ont vraiment marquée au même titre que certaines rencontres et il se trouve que ces
textes étaient très souvent des poèmes. S’ils peuvent influencer la philosophie de ceux qui les lisent alors ils peuvent en effet rendre le monde meilleur, ou en tout cas différent. C’est à mon
sens le but de toute oeuvre d’art : la quête d’un idéal artistique représente en fait cruellement la quête d’un paradis perdu.
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réflexion
