La mer a tes yeux de Corinne Cornec-Orieska

Publié le par andre-guidici

Le livre à découvrir : La mer a tes yeux de Corinne Cornec-Orieska aux éditions Joseph Ouaknine
 
Imaginez un beau voilier voguant à 8 nœuds sur un lagon désert. Ce sont les conditions dans lesquelles l’ouvrage de Corinne Cornec-Orieska s’est offert à mes yeux. Je suis en mouvance totale, l’eau défile, les nuages s’estompent au vent, le gréement claque, les mouettes virevoltent. Mais tout se fige dans les mots de Corinne, l’instant se cristallise.
A la lecture de La mer a tes yeux, j’ai une image d’eau gelée, un film qui arrête de se dérouler, une photographie, qui va rester là, ainsi, indéfiniment, sans plus bouger. La pause comme l’indique l’épilogue est en réalité un travail de deuil à partir duquel s’inscrit la répétition des jours. L’écho répond à l’écho, le souvenir au souvenir, comme un ricochet éternel. Le travail de la poétesse sur la survivance de l’impression à travers les répétitions est d’ailleurs admirable. Parmi tant d’autres, je peux citer : « Les vagues du silence / L’ondulation des vagues du silence / La triste ondulation des vagues ». Ce jeu de redites donne un rythme lancinant au recueil, un tempo quasi-hypnotique qui débusque l’intime, travaille au cœur de l’obsession : le vide créé par la disparition de l’être cher (chair).
« Dans mes yeux de néant / Mes mains sont néant ». Ces vers résument bien l’une des thématiques majeures du recueil, celle de l’absence et du vide. L’inaction devient totale, pousse à la contemplation et démontre dans un cri de révolte la non-correspondance entre les états intérieurs et ce qu’offrent les paysages : « vois comme la vie va sans moi / ni personne ».
Pourtant, ce recueil n’est pas un tombeau, il offre ce bleu, feu ce bleu des yeux, aux éléments naturels, permettant ainsi la survie au travers de la Terre. La nature est très largement personnifiée dans La mer a tes yeux comme l’indique déjà le titre. Alors que l’humanité souffre, survit tant bien que mal « jusqu’au bout de la vie », la nature s’étire avec grâce au travers des herbes, des arbres, des toutes ces vies qui ne cessent de papillonner.
Ainsi, Corinne Cornec-Orieska  finit par fondre la faille de la perte dans le creux de la mer, par intégrer le souvenir au monde. Les éléments peuvent-ils répondre à nos interrogations silencieuses ? C’est le pari de la poétesse qui nous fait lire les lignes des nuages, les rides des rivières, les segments de la mer : un alphabet d’univers.
 
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Publié dans la lectrice

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E
Chère Cath,<br /> Heureuse de te retrouver ici et que tu partages mes coups de coeur littéraires ! Bisamitié. <br /> Ma chère Corinne,<br /> A peine vendu mais vraiment "lu" c'est certainement mieux que bien vendu et bien avalé sans mâcher ! C'est vraiment un beau livre tant par son aspect esthétique (douce couverture, dorures des pages) que par son contenu, j'espère avoir incité d'autres à le lire. Grosses bises.<br />  
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C
Chère Eve, <br /> Je tombe des nues en découvrant cet article sur mon livre, qui s'est à peine vendu, <br /> merci pour ce ressenti que tu as eu à la lecture<br /> merci beaucoup<br /> amitié<br /> corinne
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F
Comme d'habitude, te lire est un vrai regal<br /> meme quand tu parles de tes lectures<br /> j'aime ta façon de te glisser en profondeur dans l'ecriture de l'autre, <br /> avant de repartir contempler les vagues...
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